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Non retour,

Un quai de gare en fin de jour,
Le bruit des trains sur le ballaste,
Un peu partout des gens qui courent,
En un décor qui parâît vaste.

Le nez collé à la fenêtre,
Du wagon où je suis prostrée,
Je regarde vaquer ces êtres,
Vers qui, vers quoi, je ne le sais.

Partout s’entassent des valises,
Et les gens semblent un peu inquiets,
Quand cette pause s’éternise,
Jusqu’au prochain coup de sifflet.

Peu à peu le train redémarre,
Le bruit des roues me berce un peu,
Je vois s’enfuir le quai de gare,
Alors je ferme un peu les yeux.

Soudain mon esprit vagaonde,
Je me souviens de cet instant,
Où perdue parmi tant de monde,
Moi aussi je cherchais ma voie.

Je devrais dire plutôt mes voies,
Car en plus de celle du train,
Je cherchais mon chemin interne,
Pour apaiser un peu mes peines
Et oublier tous mes chagrins.

Sur ce quai, cinéma vivant,
J’apercevais des filles en pleurs,
Parce que délaissant leurs galants,
Et des gamins qui avaient peur,
De perdre la main de maman.

Et loin de la foule endiablée,
Je revoyais ces deux amants,
Qui bien tendrement s’embrassaient,
Paraissant vivre hors du temps.

A nouveau mon esprit m’entraîne,
Vers ce que j’ai laissé là-bas,
Sur un quai vide, un soir de peine,
Mais je n’y retournerai pas.

J’ai pris le premier train qui passe,
Sans trop vouloir me retourner,
Sentant se refermer la nasse,
Si toutefois je le faisais.

Mon corps las de trop de souffrances,
Voulut un jour se rebeller,
Et j’ai mis mon coeur en partance,
Vers d’autres vies à explorer.

Mon front cogne contre la vitre,
La buée me cache la vue,
Le train fuit de plus en plus vite,
Et je m’en vais vers l’inconnu.

La chaleur engourdit mes membres,
Peu à peu le sommeil me prend,
Dehors la neige endort décembre,
Et je m’assoupis doucement.

© Danièle Labranche



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