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Je voudrais voyager jusqu’au bout de ta nuit,

Emprisonner ton rêve et capturer tes songes,

Remplacer le soleil par toi qui me prolonges,

Si ce n’est par jouissance, au moins par usufruit.


S’opposer au lever des rideaux occultants,

Mettre fin aux regards et au savoir des yeux,

S’en tenir à nos doigts pour nous connaître mieux,

Si ce n’est par étreinte, au moins par frôlement.


La nuit nous appartient, si tendrement acquise,

De nocturne en nocturne en écoutant Chopin,

Tout ce noir devant nous jusqu’à la fin des mains,

Si ce n’est au clavier, au moins par vocalise.


Jamais mes jours ne seront plus beaux que tes nuits,

Par le dieu qui te grime au fard de China Blue,

Par le foulard d’Hécate à mes bras que tu noues,

Si ce n’est pour longtemps, au moins pour aujourd’hui.  


As-tu compté tes nuits ? Sont-elles mille et une ?

Raconter une histoire et ne pas la finir,

Dans le lit d’un sultan ou celui d’un émir,

Si ce n’est par nuit noire, au moins par demi-lune.


Je ne veux nul matin, ni que Paris s’éveille :

Ầ quoi bon se distraire en regardant les mouches,

Il vaut mieux s’en tenir aux baisers de nos bouches …

Si ce n’est par la fraise, au moins par la groseille.


Par temps de Moody Blues par vent de satin blanc,

Dans notre lit cargo de nuit nous prenons l’eau,

Écrasant l’oreiller, agrippant les barreaux,

Si ce n’est pour Colomb, au moins pour Magellan.


La chaleur de ta nuit me brûlera le cuir :

Ne rien cacher de soi et ne pas en rougir,

Ne pas distinguer l’autre et voir obscurément,

Qu’il s’agit bien d’amour et pas de sentiments.




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