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Paris misérables

Paris
Marseille et dans les autres villes.
La misère prospère,
celle qui se cache dans les maisons,
les fins de mois difficiles,
ces quelques jours à souffler de lassitude.
Manger les restes et attendre
les débuts de mois puis encore
appréhender l’issue du frigo vide.
Ainsi tourne tourne la misère discrète.

Paris
Marseille et dans les autres villes.
La misère se profile dans les rues,
les sous sols du métro.
Celle qui se voit, à qui le veut bien,
des SDF ont froid au corps et au cœur,
sous les yeux de passants sans un regard à leur égard
alors que d’autres leur donnent un peu de leur temps,
un sourire, une soupe puis discutant de tout et de rien,
de petites frivolités.
Aussi de leurs grands maux, leur souffrance.
Ces bénévoles qui écoutent réconfortent,
peut-être qu’eux aussi
vivent l’autre misère invisible.

Paris
Marseille et dans les autres villes.
Existe également une misère, sans nom,
double face du miroir,
celle des travailleurs sans toit,
leur auto comme domicile.
Elle leur est devenue si familière, comme une amie
à qui ils confient cette vie hors du temps.
Pas de réponse, tant pis…
pas de jugement, tant mieux.

Paris
Marseille et dans les autres villes.
Toutes cette misère qui s’empile.
tombe comme un château
de carte la vie de tous ces gens.
Sous l’empire des chacals,
engraissant la bourgeoisie,
ces charognes qui dévorent les poussins.

Paris
Marseille et les autres villes.
Coccinelle habitat. Décapotable roule richesse.
Trottoir dortoir. Palaces des pachas.
Une tente de fortune.
Une villa félicité d’abondance.
Deux mondes en parallèle.
Une offense que je clame
en poussant la porte de la révolte.

Paris
Marseille et les autres villes.
La misère aux portes des moulins,
l’argent au profit de l’humain et l’humanité,
il nourrit ainsi la haine.
le malheur du monde dans la boue et la mort.
Noire est la misère des hommes.
Rouge est la fortune de ceux qui la féconde.

Béatrice Montagnac



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