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Jadis, l’être humain, vivant en solitaire,
Ecoutait le silence de la nuit bourdonnante
D’un monde d’animaux, à la langue pendante,
De cris, de grognements et d’odeurs délétères
Se cachant dans son antre, l’oreille bien dressée
Inquiet du moindre bruit, et de tout mouvement
Vivant en ermite, sans cesse stressé,
Cherchant une société et en être complément.
Puis, un jour, le langage finit par naître
Plus par nécessité que par apprentissage,
L’homme s’approche de l’homme et ces deux êtres,
Unis par le besoin, se forment en village.
Il fallait tout créer, les mots et les sons.
Il fallait inventer les règles de la raison.
Pour la défense commune, il fallait bien s’unir
Ainsi, cette société s’installe pour l’avenir.
Jadis, ceux qui parlaient étaient tous écoutés.
Jadis, tous écoutaient
Ceux qui devaient parler.
Puis cette habitude n’est plus ce qu’elle était
Car, les orateurs,
Durant leur discours ébranlés,
Se soumettent aux auditeurs,
Au verbiage martelé !
Qui peut dire avoir écouté patiemment
Son interlocuteur, essayant de comprendre ?
N’a-t-on point le pli de couper brusquement
La parole, en improvisant afin de répondre ?
Parfois, les ovations, pour une raison futile,
Interrompent le discours le rendant inutile
Et chacun de se dire qu’il a très bien compris
Vivant son ignorance et se disant surpris.
Si l’homme écoutait en usant de patience
Au lieu de s’écouter subissant sa méfiance,
Il aurait, certes, su et peut-être appris
Et très certainement, il aurait compris.
Parfois les discussions en deviennent houleuses,
Parlant et écoutant, on se sent agressé,
Et les pertes de voix en deviennent sulfureuses
Ainsi naît le problème et on se sent stressé.
Usant de qualités telles que la gentillesse,
Sachons qu’écouter, c’est un acte de noblesse,
Si les réunions ne sont pas des kermesses,
Parler en même temps est un signe de faiblesse.
Ainsi, deux animaux se comprennent sans dire mot,
Tandis que le langage devient source de maux.
Un vieillard disait ces paroles de sagesse,
« Ecoute-moi, mon fils ! Tais-toi quand tu parles ! »
Ce disant et sachant que c’est plus qu’anormal,
Il s’inspire du silence qui demeure la finesse.



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