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Loin de la froide grisaille…
En un pays pas très lointain
Qui ressemble à notre amour,
Eclate une ardente lumière.
Sois prête demain dès l’aube :
Je t’emmène en Arcadie.

Enserré entre des monts abrupts
Au coeur du Péloponnèse,
C’est le paradis vert
Bâti pour ta félicité.

Entre la rocailleuse Aroanie
Aux oiseaux et papillons rares
Et la brûlante Mainalie
Aux bourgades accueillantes,
Nous bâtissons notre gourbi
Sur les bords enchanteurs du Ladon,
Domaine des cygnes solennels
Et d’une seconde Thémis,
La nymphe de ces lieux…
Le Ladon moqueur
Qui parfois disparaît sous le sol
Pour resurgir derrière l’horizon
Avec une onde plus fraîche et plus limpide.

A perte de vue s’étend un splendide verger
De citronniers, figuiers, grenadiers, oliviers,
Noyers, orangers, pommiers, abricotiers…
Qui portent de beaux fruits trois fois l’an.
Parmi les melons et pastèques
Croît de ci de là une vigne sauvage
Qui fournit un raisin bleu en d’énormes grappes.
On en tire un vin liquoreux et lourd,
Mais on s’assoupit avant que de s’en enivrer.

Pour le reste la nature propose en abondance
Bien plus de mets divins que nous saurions en désirer.
Dans les jardins sauvages se rangent d’eux-mêmes des légumes très divers.
Pour cueillir des fruits succulents, tendons la main n’importe où.
Il n’y a qu’à se baisser pour trouver toutes espèces de champignons comestibles.
Mille sources pures nous désaltèrent d’eaux minérales fort variées.
Les landes recèlent une infinité de plantes aromatiques et médicinales.
Des myriades de fleurs élégantes égaient de leurs multiples couleurs ce séjour féerique
Et il arrive que des truites dodues sautent hors de la rivière
Pour s’offrir d’elles-mêmes toutes cuites dans notre assiette !

Cette abondance prodigieuse de végétaux délectables
A banni pour toujours la chasse de cette contrée.
On salue en les croisant les bêtes sauvages comme des amis.
A chaque matin naît un neuf émerveillement
De pouvoir parcourir tous deux, main dans la main, ce jardin d’Eden.

De Parrhasie en Kéryneia,
D’Aroanie en Mainalie
Ou d’Euthrésie en Azanie,
Notre bonheur demeure identique,
Notre joie ne cesse jamais
Lorsque nous traversons ce jardin d’Eden.
Le ramage enjoué des oiseaux
Ravit ici plus qu’en tout autre lieu.
C’est le pays de nos amours,
Ne le quittons pas un seul jour.

Par les soirées torrides,
Nous montons parfois au sommet d’une colline
A deux pas de notre gîte.
Depuis la garrigue et les bosquets environnants
De chênes verts ou kermès
S’élèvent jusqu’à nous des senteurs capiteuses, délicieuses, paradisiaques…
C’est un pot-pourri d’arômes forts :
De lauriers d’Apollon, de genévriers,
De nerpruns, de basilic et de serpolet,
D’ombellifères aux parfums anisés, de sarriette,
De lavande, de thym, de menthe poivrée,
De cistes ladanifères et de lentisques…
Le cri des grillons chahute le son harmonieux des flûtes.
Nous demeurons longtemps immobiles
A rêver côte à côte
En contemplant tout autour à nos pieds
Ce paradis vert bâti pour ta félicité.



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