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À l’ombre du grand saule, elle vint s’allonger
Sur une couverture, ôta l’ultime fringue
Mise dans un cabas avec tout son bastringue ;
Sensuelle et mutine, Il voulut l’éponger.

L’astre qui brûle et brille avait léché l’exquise,
Des perles de rosée, une douce moiteur,
Fragile et désirable, un modelé flatteur,
Elle offrit un sourire ; Etait-elle conquise ?

Il se coucha près d’elle, un tantinet confus,
Elle si jeune encor, sans doute et sans repère,
Comment ne pas heurter l’enfant dans ce repaire,
Convertir en calice un sentiment diffus ?

Elle voulait pour lui que s’enflamme l’étreinte,
Ouvrir les portes d’or du suprême plaisir,
S’abîmer pantelante, admise à son désir,
Pasiphaé superbe avant le labyrinthe.

Ils ont cessé de voir les ombres d’alentour,
Seuls au monde étourdis, enivrés de l’extase,
Ils touchaient à l’instant où s’écrit l’épitase :
Une proie enchaînée aux griffes du vautour.

La terre suspendit son éternel périple,
Dans le bruit du silence, un cri tel un écho,
La riposte du vent exigeant son écot
À l’âpre corrupteur et sa muse disciple.

Sans doute a-t-elle aimé d’autres Casanova,
Vibré sous la caresse et dit la jouissance,
Construit des nids d’amour en des lieux sans licence,
Etincelé de joie, une supernova.

Longtemps il a pleuré, n’avait-il pas souffert,
Le poids du souvenir devenait-il infâme
Ou ces instants floutés d’un fantôme de femme
Devraient-ils à jamais habiter son enfer ?



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