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Faut-il aujourd’hui que je te nomme
Les rues de Naples, Venise ou Rome
Où tu me peignais ceinte de blanc
Comme madone, ou une vestale
S’étalant nue, à l’horizontale,
Dont les ombres soulignaient le flanc.

Depuis le dernier printemps je dresse
Le bilan si lourd, car le temps presse,
Mon visage perd son pur contour,
Et ce regard noir qui me contemple
N’a plus la flamme, brillant au temple
Sur l’autel consacré à l’amour.

J’étais pourtant, moi si féminine,
Fière d’arborer ma poitrine
Au doux sillon tendre et vallonné,
Et la rondeur qui bombait mon ventre
Où le nombril portait en son centre
Le saphir bleu d’un passionné

Maintenant que cette ombre s’allonge
Dans le miroir je vois le mensonge
Des promesses par Eros tenues
Car las, se sont alourdies mes hanches,
Et sur mes mains étonnamment blanches
Des macules brunes sont venues.



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