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PERDU EN MER version soft

Il glissait sur la mer comme une vague blanche
son bateau tourmenté par les vents qui déhanchent
le regard accosté sur les lointains rivages
percevait l’intangible beauté du voyage

Le facies buriné par les cieux bleus lustrés
par les souffles marins qui venaient caressés
la coque qui enfonçait les écumes décadentes;
Son navire flânait sur des aubes sidérantes

A l’affut des atolls qui s’enivrent de feu
ou des îles barbares aux nuages cireux
il allait, conciliant, au devant d’indigènes
qui d’abord effrayés avaient le geste amène

Essuyant des orages gorgés de trombes d’eau
le rafiot se terrait dans une peur vertigo
et crevait les ressacs de cet élément vachard
retombant sur sa quille dans un courant geignard

Puis le calme revenu la route se traçait
au sillage des bans où la faune s’amassait
parfois c’est un dauphin ou une baleine blanche
qui guidait ce marsouin à la passion étanche

Arrimé dans un port le spectacle l’ennuyait
ce manège insensé où les hommes se noyaient
n’aurait pu arrêter cette soif d’errance
qu’un océan achoppa dans le vide de l’enfance

Il reprenait ravi les crachins gris brumeux
qui au matin s’attardent sur les quais adipeux
puis s’évaporent enfin quand le large est gagné
le mirage du néant comme un dieu arrivé

Jamais on ne sut où le navire s’échoua
surement une tempête par le fond l’emmena
mais son esprit alizéen vogue encore sur les flots
l’horizon comme bonheur, la joie comme matelot.

PERDU EN MER version hard

Il a connu bien des tempêtes
mon rafiot mis en « cinquantaine »
écumant le cours des balivernes
naviguant dans le creux des défaites

Et il ne reste que l’amer
goût âcre de la désolation
de déluge en fausse rémission
son étroitesse le met en l’air

Le bois craque comme fétu sordide
les voiles se déchirent au mitan
le mat n’a plus trop fier allure
mon bateau coule, apatride…

J’attend encore un nouveau sort
au soleil chaud séchant sa coque
j’attend encore, j’attend en loque
une terre ferme, l’entrée d’un port

Mes yeux se ferment sans horizon
mes membres tremblent de froidure
le pont glisse sous mon peu d’allure
la houle fait tanguée l’obsession

Je ne sais plus le babord ni l’amont
ni même si demain arrivera
piètre capitaine sans éclat
perdu au souffle des saisons.



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