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Il faisait frimas dans ta cour
De ces grands froids qui cognent lourd
Dans la mémoire
Tu cherchais le temps des cerises
De coeurs dépris en nuits promises
A tant y croire

Tu bâtissais des cathédrales
A des rêveries boréales
Petit lutin
Perdu à trop de carrefours
Dans une ville sans atours
Tous yeux éteints

Tu étais de celles qui s’évadent
Mais qui ont le cœur à la rade
Sous le manteau
Qui ont racine sous le bitume
Et s’enivrent d’un peu d’écume
Sur un peu d’eau

Celles qui coulent corps et biens
Sans aucun bruit mine de rien
Sourire tendre
Au coin de lèvres déchirées
De n’avoir su qui embrasser
Su qui attendre

Un soir de brume on n’a plus vu
Ton ombre au coin de notre rue
Plus de lutin
Pour nous mettre du rose aux joues
A courir comme jeunes loups
Sus au matin

Tu avais fait le grand voyage
Avec ton rire pour bagage
Les yeux ouverts
Quand est venue l’heure à genoux
Où il paraît qu’on oublie tout
Où l’on se perd

Tu aurais pu nous léguer un peu
De tes rivages aux lèvres bleues
De ton regard
Tu n’as pas fait de testament
Tu as tout jeté en t’en allant
Dans la grand mare

Tes oiseaux de lune égarés
Tes champs de mines sous les blés
Tes herbes folles
Tes pontons au soleil couchant
Tes rêves d’îles sous le vent
De nuits aux pôles

In memoriam pour rien du tout
Ce n’était qu’un rêve debout
Au coin des rues
Il s’est fait bonhomme de neige
Pour un dernier tour de manège
A corps perdu



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