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Je vous envoie ce texte que je veux un plaidoyer pour la poésie donc, selon moi, un poème afin je ne nommerai pas le quotidien ni l’éditorialiste en cause que je remplacerai par (ce quotidien) ou M. X:

J’ai longuement réfléchi à la pertinence de cette lettre, les yeux fixés sur la note en bas de la section «À VOUS LA PAROLE» (de ce quotidien) suivie des modalités de publication c’est-à-dire, de s’en tenir à des textes ne dépassant pas 200 mots, (ce quotidien) ne s’engageant pas à publier les documents et, dans le cas ou votre lettre serait choisie, de se donner le droit de l’abréger et à ne fournir aucune justification dans un cas ou l’autre :

C’est fou mais j’ai l’impression de m’adresser à Dieu, dans l’espoir qu’il m’entende, tout en sachant intérieurement qu’il ne le fera pas et que ses raisons sont impénétrables. Qui suis-je, de toute façon, pour que Dieu m’écoute, moi ?

Mon propos réside justement dans la non publication d’une opinion que je vous avais fait parvenir. L’histoire est bien simple : un court poème portant sur l’Intifada, précédant un bref commentaire afin de respecter la limite imposée de 200 mots. M. X (qui n’avait pas l’obligation de se justifier il faut le dire) m’a dit que malheureusement il ne publiait pas de poème et, lui ayant fait la remarque que c’était une opinion comme les autres (ce qu’il admit) qu’il ne pouvait le faire parce qu’il y en aurait trop !

J’ai pensé intérieurement : trop d’opinions ou de poèmes ? Mais l’audience était terminée depuis quelques secondes déjà. J’ai donc poursuivi ma réflexion pour moi-même en me demandant ce que signifiait ce « trop » à la fin de sa réponse. Dans le premier cas, celui où le poème était une opinion, qu’arriverait-il s’il y avait simplement trop d’opinions ? Et si c’était le deuxième cas, celui voulant qu’il y ait trop de poèmes, où étaient cachés tous ces poètes ?

M. X m’a proposé de lui faire parvenir mon opinion à ce sujet, ce qui me parut un juste compromis au premier abord, j’ai plutôt choisi de réécrire mon opinion sur l’Intifada en prose, pour satisfaire à un règlement non écrit, considérant que le plus important demeurait le sujet de ma lettre. Ce deuxième envoi ne fut pas publié non plus.

Je n’exige rien puisque c’est le règlement. Je demande seulement un miracle pour que je croie en vous, Seigneur, un tout petit miracle : UN POÈME!
Avril 2002.

N.B. : Cette lettre fait mention de règlements et de jugement éditoriaux qui ne s’appliquent plus aujourd’hui : on ne fait plus mention de limites en termes de mots et j’ai noté la publication de quelques poèmes. Cette lettre ne fut pas publiée mais distribuée lors d’une soirée de poésie.



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