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Plis d’amour !


« Ce ne sera jamais une époque révolue

Une période donnée à chaque réflexion

Mais ces plis, je les avais sur le bahut

Car je savais qu’un jour reviendrait l’union 

Nous fêtions naguère des conflits, mais si

Si aujourd’hui nous en tirions des leçons ?»


Ils me manquent énormément ces petits mots

Ces plis vite froissés que je te faisais passer !

Les confiant à la main, Oh ! combien amicale

D’un de mes petits camarades de ce moment


Nous étions si jeunes, prudes, encore enfants

Mais les terreurs de l’instant nous pressaient 

Il nous fallait alors, gagner sur nos années !

Mentir à nos aînés et fuir cette maudite terre


L’enfer s’était invité lui aussi à notre instar

De toutes façons, nous devions nous revoir

Dans un an raisonnablement ou plus tard !

Le temps ne comptait pas, c’est qu’un soir


Même si les champs s’étaient vu retournés

À perte de vue et bien vite semés de blés !

Les jours avaient des allures bien sombres

La guerre était déjà tapis dans nos ombres


La séparation devenait nécessaire et vitale

Là-bas en le cachot, une âme se plaignait 

Nous voilà si obligés à errer sur ses dalles

Mais je ne pouvais l’entendre de ma salle


Seuls des gémissements se découvraient 

Le  monde était froid, on le dit en conflit 

Que voulait dire ce mot, suis-je si défait !

La vie résonnait des mots, des maux dits


J’avais à peine treize ans, quelle ironie

Toi aussi d’ailleurs, c’est là l’interdit ?

L’amour doit attendre l’âge dit permis ?

Celle que nous donne nos plus anciens


Un petit mot laissé là, écrit à la va vite !

Abandonné malgré lui, loin de ton miroir dans un tiroir

L’encre se fait rare ce soir, interdite 

Nous voilà privé : Est-ce tant illusoire 


Une vieille bougie volé à un pauvre mort

Je sens la nuit progressé et je suis transit !

Si demain ne revenait pas s’inscrire à tort

Ce n’est pas le moment, et las je me confie


Nos campagnes rougissent, refroidies

Beaucoup gisent sur un sol trop foulé

Par des attaques sournoises des rebuts 

Des viles machines à tuer, prêtes à tout


Nous avions bien perdu cette guerre

Et tes mots me sont revenus, d’Anvers

L’amour s’était invité sur notre terre !

Mots dits souvent, et trop éphémères 


Les années filèrent comme un coup de vent

Emportant avec elles, jeunesse et confiance

Elle ne viendront pas à bout de cette enfant

Celui que nous étions jadis, ce par défiance


La plus belle des choses

Est en soie!


Thierry Titiyab Malet (2018 texte protégé, no copyright)



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