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La canicule obsédante d’un été sans scrupule, brûle Lucifer, l’âme vert pâle des prairies suffocantes. Un hâle, bronzage maudit, jaunit l’horizon sans ombrage. La chaleur floute notre regard d’une cataracte mirage. La rivière pleure des larmes sèches dans son lit vide. L’aridité moque sa pudeur, sa pauvre nudité.  La terre se meurt et se craquelle, tel un eczéma qui ronge sa peau asséchée. L’eau s’est évaporée dans l’air torride, comme l’esprit quitte un être sans vie. Les feuilles flétrissent malingres, les ramures rabougrissent au soleil meringue, les plantes et les bêtes vieillissent bien avant l’âge. Le désespoir m’atteint, ma peau couverte de sueur épuise les dernières gouttes devant ce cimetière d’un printemps pourtant si prometteur.

Venus de ce lointain ouest, des nuages salvateurs plongent dans l’ombre la nature malade tel un onguent sur des brûlures profondes. Un vent léger balaie la poussière mortifère et console les arbres d’un souffle attendri. Comme une manne tombée du ciel, des gouttelettes éparses arrosent le terrain morose de son miel. Puis, allégresse, une pluie diluvienne creuse le sol et efface les plaies béantes de la sécheresse. Une odeur enivrante saoule les prés de son parfum de terre mouillée, cette effluve bonheur.  La caresse de la fraîcheur humide redresse les brins d’herbe meurtris. Sous cet arrosoir, La prairie savane se teint d’une verdure timide. Dame nature se maquille de sa palette arc en ciel.

Candeur, la pluie des lointains horizons réaniment toujours nos espoirs quand la dureté de l’existence, sécheresse des cœurs, assèche nos âmes, ces frêles feuilles de vie, ces petits bonheurs.



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