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Bien après quand les vers auront rongé ma peau
Ne laissant tout au fond de ma boite
Après des ans de manœuvres maladroites
Epars et mal rangés que deux cent vingt quatre os
Dès lors mes yeux crevés auront cessé de voir
L’avoir et l’être que j’affectionnais autant
Telle enchâssée je serai dans le noir
Ecoutant les voix du silence suffocant
Mes narines n’humeront plus l’humus
Qui excitait mes sens à midi au soleil
L’immense vide élargi au plexus
Me légitimera toute dans mon sommeil
Que demeurera-t il de tous mes souvenirs
Des années vécues à rire ou à pleurer
Avais- je vraiment envie de partir
Et ainsi décidé de tout quitter
Or nul écho ne comblera ce mystère
Ainsi séjournerai solitaire et blême
Allongée sous une montagne de terre
Avec le temps pour démêler ce problème
Ou me fondrai-je au cœur de l’éternité
Comme je me plongeais dans le ciel étoilé
Jouirai- je de quiétude bienheureuse
De la vie serai-je enfin victorieuse
Trouverai-je ce que je dédaignais de voir
L’ultime séjour que tous convoitent
L’inconnu dans lequel ils mettent leur espoir
Moi qui avais dédaigné la porte étroite
Mes questions resteront sans réponse
Le doute sera mon unique compagnie
Je m’abreuverai de sentences absconses
Pour déjouer l’embarras et l’ennui
Je crains que rien ne reste de ma dépouille
Quand je serai blafarde livide et morte
Que de mon carcan rien ne me déverrouille
Et que l’Infini ne me ferme ses portes
M’abandonnant inutile et vaine
A mon sort, improbable fantôme
Me remémorant l’ensemble de mes peines
Comme le tempo serré d’un métronome
Je deviendrai alors rien moins que je n’étais
Pas même une figure vague et flottante
Encore moins l’empreinte que je conservais
De chimères envoutantes et troublantes

Jacqueline Grout – Plus tard
image: inspiroevent.se



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