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J’étais un basalte dormant, une pierre sauvage, un marbre d’hiver.
J’étais rafale de neige poudreuse, en mars, bordée des corneilles.
J’étais marcheur somnambule, sous les projecteurs sentinelles de la rue.
J’étais quidam, solitaire, sillonnant la ville, une ombre fantomatique.

Hypnotisé par la caresse du givre, au timbre de la valse poudrerie.
Hypnotisé par la perle lune blanche, film mémoire défilant sur grand écran.
Hypnotisé par tes mots scalpels, qui déboulent en glissade, à fleur de peau.
Hypnotisé par la souvenance de tes seins que j’effleure, je tremble.

Je deviens, glaise malléable sous l’emprise envoûtante, de ton sortilège.
Je deviens, verglas, qui enveloppe tout ton corps de mon haleine glaciale.
Je deviens, lecteur nocturne, quand la pleine lune arrondit ton ventre.
Je deviens, aveugle au reste du monde, lorsque tu danses dans la foule.

Hypnotisé par la mémoire de tes caresses en bourrasques fiévreuses.
Hypnotisé par la vision en rafales de mes fantasmes, en ombre chinoise.
Hypnotisé par l’astre lunaire, insomniaque, qui se saoule à même la rosée.
Hypnotisé par ce poème nuptial, tatoué sur ta peau, que je lis, pour t’endormir.

Michel Jetté – Poème nuptial.
image: blogspot.com



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