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note: je vous propose un poème en prose qui peut provoquer des réactions négatives. Si le tollé est trop évident je n’hésiterai pas à le retirer de la page. Merci de votre attention.

POÈME SILENCIEUX.

Seulement quelques lignes pour expliquer pourquoi. Parce que durant sa courte existence il n’a pas trouvé les mots pour décrire l’humiliation. Personne ne l’a compris. Cet enfant qui jouait à la guerre dans la guerre s’amusait-il ? Ce n’était peut-être que le sourire de la misère ? Pouvait-il bénir la terre lorsqu’elle lui glissait sous les pieds.

Il ne sait plus. Il n’est pas fou pourtant ! Il a vu ces corps et entendu ces cris, la souffrance était de chair et de sang, elle l’éclaboussait. Il ne peut plus vivre avec ce cauchemar. Il faut que l’on sache ! Il s’arrachera le cœur et le lancera à la face du monde. Son cœur, chaud et encore palpitant, ne pourra pas le trahir : on le verra !

Cet acte d’impuissance n’est pas du terrorisme c’est une réaction à l’oppression mais aussi à l’indifférence: celle qui s’emplit les poches et celle qui n’a pas les moyens; celle qui se fait prier et celle qui prie; celle qui ne veut pas savoir et celle qui fera une étude; celle qui ordonne bien la charité et celle qui dilapide; celle qui perd son temps et celle qui ne le trouve pas; celle qui fait trois petits tours et celle qui s’en va.

Il ne s’agit pas de justifier un geste mais bien de ne pas le banaliser. C’est trop facile de condamner lorsque l’accusé nous offre sa tête pathétique sur un plateau; non moins pathétique que celles des Présidents sur une estrade qui mettent les têtes à prix et déclarent officiellement la guerre à qui la voudra ou non.

Ces chasseurs de têtes ont mis à feu et à sang des régions entières du globe. Chez eux, ils ont instauré le règne de la peur, un rien suffit pour être jugé coupable de terrorisme : un teint sombre ou la consonance d’un nom. Partout, le droit est piétiné par le soupçon, le secret de la preuve et la délation.

Non ! Il s’agit de démystifier l’impuissance, de mettre notre cœur dans la balance pour qu’elle penche, il s’agit de refuser un « état » de fait. Le message que je laisse en vous offrant mon cœur, c’est de répondre à un appel désespéré avec le vôtre, de transporter la poésie dans la rue pour s’opposer à l’arbitraire afin qu’ensemble nos cœurs battent plus fort que les tambours de tous les états-majors.

Ma douce Indifférence, je t’écris pour te dire que je reviens bientôt au pays. Malheureusement, ce n’est pas parce que la guerre est terminée mais parce qu’elle n’a plus de frontière.

Robert Marois, Poème silencieux
image: youtube.com



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