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Visiteurs amoureux de ces très vieilles tombes,
Ce n’est pas dans le trou sombre des catacombes
Que subsistent encore
Tous les noms gravés là, dans le froid de la pierre,
Car toute chair sera transformée en poussière
Comme au temple d’Angkor.

Les âmes des défunts hantent les paysages
De tous ces monuments gagnés par les feuillages
Garrotant fermement,
Comme ces sculptures au sommet des frontons
Des ruines de Louxor ou alors de Canton,
Vieillissant lentement.

Restent au fond de vous, parmi toutes ces choses,
Des souvenirs fanés comme le sont les roses :
Mémoires du passé.
Mais vous vous rappelez plus de larmes que rires,
Car se fait le bilan de nos actes et dires
Quand le fil s’est cassé.

Ne jamais déterrer les pauvres amours mortes,
L’existence a ouvert tant d’autres belles portes,
Que seront effacés
Vos chagrins et échecs, et toute la misère
De tous ceux qu’en pleurs vous avez portés en terre,
À jamais trépassés.

Parcourez simplement ce grand jardin funèbre
En admirant les fleurs, du lieu où se célèbre
La mémoire des morts.
Le chant clair d’un oiseau en perce le silence,
Vous êtes des vivants, savourez cette chance :
N’ayez aucun remords.



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