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Je me souviens,
L’été décline, déjà viennent les premiers frimas,
le soleil incline sa course, sur son  ellipse, corrida.
Ma tendre mère dévouée prépare la rentrée.
Dans mon armoire de beaux vêtements pliés,
une boîte renferme les chaussures de mon choix.
Je voudrais tant gambader mais interdit, désarroi.
Je me contente de l’odeur envoûtante du cuir,
cet apprêt au parfum entêtant qui m’attire.
Je regarde ma jolie tenue à la patère pendue.
Trop haut perchée, je m’imagine dans ces habits, vêtu,
Le pantalon jean et sur les poches, cet insigne rouge affublé
cette chemise bleutée pareille à celle de mon père décédé.
Je rêve de mon arrivée avec cette uniforme, fierté.

Dès lors, la nostalgie des vacances finies,
souvenirs d’enfance dans mon coeur meurtri.
Terminé la liberté et le vivre dehors,
les grandes aventures, les chasses aux trésors,
les jeux endiablés aux courses folles,
les rires, les cris joyeux tout ce dont je raffole.
La cartable neuf caché sous le bureau,
me rappelle à l’ordre et m’invite au boulot.
Voici le temps tant redouté de l’école.
Les silences obligés, les jeux encadrés,
la discipline partout imposée,
pire encore angoisse renouvelée,
les soirées moroses, les devoirs du soir,
après une longue journée dérisoire,
se plonger encore dans les cahiers, exutoire.
Tendre pensée, inquiétude répétée,
quel sera le maître ou la maîtresse,
sera t-elle beauté et gentillesse ,
ou son courroux sur mes épaules porter ?

Je me souviens,
mélancolique, je ressens encore,
les peurs d’hier, la misère de mon sort.
Angoisses et joies s’entremêlent,
par la curiosité et l’envie d’apprendre,
je suis poussé en avant, pêle-mêle,
pour mon futur, culture comprendre,
de ma petite taille si loin concerné,
le pauvre cancre que je suis,
attend l’ échec qui me poursuit.
Lire, Écrire, Compter,
autant de verbes, autant de gageures,
moi qui aime tant jouer et rire encore,
dix mois longs, peu de répit, triste sort,
angoisse du carnet, adepte des punitions,
faire signer le mot et subir, résignation,
mais vaillant, le cœur gros demain j’irai,
marcher ou courir vers mon avenir,
le cœur serré et joyeux, tendres souvenirs,
demain, chouette c’est la Rentrée !

extrait des pensées vagbondes
http://francoissimon.venez.fr/



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