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A l’ombre d’un érable centenaire
Je me suis assoupie sur la mousse
Laissant vagabonder en douce
Les souvenirs de naguère…
Je me revois comme dans un reflet
Courir en ce beau jardin
Au milieu des glaïeuls carmins,
Des dahlias et des mufliers…
Parfois je contemplais émerveillée,
Les perles de rosée matinale
Qui scintillaient au soleil sur la toile
D’une frêle épeire aux aguets…
Je dénichais parmi les passiflores
Des escargots s’abritant de la chaleur,
Puis je regardais le dur labeur
Des fourmis accablées par l’effort…
Je me souviens du grand tamaris
Où j’entrevoyais les mésanges bleues,
Qui de leur chants mélodieux
Extasiaient mon cœur ébloui…
Enfant pas très sage et gourmande
Je chapardais aussi quelques groseilles,
Qui de leur saveur sans pareil
Emplissait ma bouche telle une offrande…
Mais parmi la nature et ses présents
Que ce jardin merveilleux
Offrait à mon regard curieux,
Je préférais humer le parfum enivrant
Des roses, et caresser le velours sensuel
De leurs pétales au toucher charnel,
De mes doigts malhabiles d’enfant…
Me restent les souvenirs de bonheur
De cet humble jardin ouvrier,
L’abondance de son potager
Et les fragrances de toutes ses fleurs…
Ai-je rêvé de ce temps passé ?
La nuit a doucement posé son voile
Parsemé de milliers d’étoiles,
Je ne veux pas encore m’éveiller…

Corinne Mauzat (juin 2016)



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