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Elle vivait, cette rose, au fond de mon jardin
Une rose sans teint, fade comme la terre
Terne et sans éclat, agitant ses pétales amers
Pleurant de rosée, au seuil d’un petit matin…

Ce doux matin, couvert de brumes isolées
La rendait laide triste et sans éclat !

J’ai repoussé la pluie qui la maculait
Pris dans ma main un rayon de soleil !

Le vent, tout empli de tristesse
Subtilement, appliqua sa caresse !
Sa robe de satin se dressa dans ma main
Dorlotée tendrement, par ce fils d’aquilin !

Le fil du soleil la heurta si fort
Qu’elle rougit de tant d’efforts
Sa tige se tendit vers le ciel
Alors, comme un ressort !

Ravi de tant de grâce
Ra qui d’habitude la raillait
Refléta sa lueur, dans les pleurs de rosée !
Ses joues furent empourprées, le reste de la journée !

Dieu qu’elle était belle ainsi fardée
Le soleil concentra alors son reflet
Dans la seule goutte d’eau
Qui s’était là formée !

Bien trop aimée en cette seule journée
Bien trop fardée, bien trop choyée
La rose qui enfin souriait,
S’était éteinte, au seuil de cet été !



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