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poème en prose

Je vais parler de la violence, celle qui se manifeste lorsque les forces en présence sont disproportionnées : celle qui est équipée paraissant modérée, réfléchie, ordonnée, presque propre. Un bon coup de balai ! Celle aux mains nues, de son côté, se montre aveugle, anarchique, presque sale : un bon coup dans les parties quoi !

Notre monde en est rendu là. Plutôt, en est revenu là. Car il fut un temps où les monarques pesaient de tout leur poids héréditaire sur le peuple armé de fourches jusqu’au jour où ils furent publiquement décapités. Après que les ruelles furent lavées du sang de la haine, des gens plus raisonnables ont instauré la démocratie et substituer le dialogue à la violence. Cela dura un temps, jusqu’à ce que ces mêmes démocrates, bien-pensants, perdent de plus en plus l’ouïe devant les revendications de la majorité démunie.

Petit à petit, les coups ont succédé aux mots. Et on s’étonne ! D’où sortent ces petits monstres mal élevés ? De la rue ! Et ils cassent des vitrines, parties sensibles du capital! Messieurs, Mesdames n’ayez crainte pour votre respectabilité. Ce ne sont pas ces voyous qui vous saliront de leurs mains crasseuses. Ils ne feront que « faire rougir » vos tours d’ivoire de honte et marcheront vers les cordons de policiers, aussi serrés que ceux de votre bourse, en chantant afin que les millions de pauvres de la planète, eux, entendent ce qu’ils ont à dire et deviennent cette autre force « tranquille » qui fera paraître la vôtre insignifiante.

Robert Marois – Rouge G20
image: telegraph.co.uk



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