Partagez

Lancé, sur la grand-route, aux heures matinales,
Sanglé sur mon siège, les mains lissant la jante,
Franchissant l’espace, le temps d’une cavale,
L’horizon plongeait en moi, ses courbes rutilantes.

Spectacle hallucinant en fugue végétale,
Fuite panoramique des lignes rougeoyantes,
Sous un ciel cendré, les frondaisons dévalent,
Jetant des lueurs ambrées sur la tôle flambante.

Plongée en apnée aux abysses auto-mnales,
Foisonnement de tons qu’une bouche béante,
Epouse goulument des lèvres bacchanales,
Au défilé patchwork d’une couverture géante.

Le ruban granuleux, toujours plus loin, détale,
Sa perpendiculaire sous les arches fuyantes,
Se fond dans des nimbes aux reflets de métal,
Tel un feu aux naseaux, qu’allume Rossinante…

Chevauchée fantastique, un pied sur la pédale,
Débordement des Ocres, au passage des brandes,
Refoulement des Verts, sur l’aire des Vandales,
Panacées des éthers qu’enrôlent ces bandes !…

Surgissent les Bruns, des horizons d’eaux pâles,
Poussés par les stances d’augustes Hiérophantes,
Ils assaillent les Roux, par vagues infernales,
Dans un jaillissement d’esquilles sanglantes…

Furieuse est la mêlée, sous ce ciel sans dalle,
Du sol foulé montent les suées ahanantes,
Qui déposent sur les ombres, un voile Vespéral,
Jusqu’à l’heure solennelle où leur or nous hante…

Patrice Lucquiaud



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5 sur 11 votes