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Sauf erreur de ma part, je marchais au radar :
J’avais rangé mon spleen dans un épais brouillard,
Dans un fourreau d’oubli invisible à  l’œil nu …
Or, même en cherchant bien, je ne l’y trouvais plus.

Sauf erreur de ma part, devant l’enfer du Dante,
J’avais laissé mes clefs dans un vieux pot de fleurs,
À côté de la porte et pas loin du bonheur :
Tu t’y arrêterais pour arroser mes plantes.

Sauf erreur de ma part, la machine à  cafard
Se donnait sans vergogne aux Rimbaud ménagers,
Au four à  micro-monde, aux lois lilliputiennes :
Il était temps de toi et grand temps que tu viennes.

Sauf erreur de ma part, tu m’as bien emprunté
Les mots de tous les jours que mon stylo habille
Et tu les as rangés pendus par leur cédille,
Comme des cintres faits pour porter ta beauté.

Sauf erreur de ma part, tu as bu dans mes vers,
Pour connaître à  quel point tu me remplis de toi,
Comme un trop plein vaincu par un amour polder,
Innocent de sa crue, inondant mes beffrois.

Sauf erreur de ma part, et si j’en crois mon cœur,
Je te dois des baisers, des regards et des soirs,
Tant il faut t’embrasser dans l’odeur d’un peignoir,
Sauf erreur de mon cœur et si j’en crois ton cœur.

Comme un enfant de chœur sorti de mes archives,
Je dors dans ton couvent, car l’amour d’Héloïse
Ne va pas jusqu’au Christ : il s’arrête à  l’ogive …
Sauf erreur d’Abélard, tu vis dans mon église.



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