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Elles parcourent le monde
Les bottines de ses marcheurs
Semant sur la route canons
Ou fleurs

Elles cheminent en rang
Bien droites, écoutant les ordres
Des généraux, les bottes des soldats
Qui la guerre aux dents
Lancent balles et grenades
Dans les villages qui s’enflamment

Elles traînassent dans les rues du quartier
Éreintées par le poids des jours
Les godasses du mendiant
Qui la peur aux entrailles
Cherchent victuailles
Dans les villes qui l’ignore

Elles potassent dans les champs
Fatiguées par le travail acharné
Les savates du fermier
Qui le labeur plein le dos
Tentent de garder vivante
Ses semences et ses pousses
Dans une société qui les accablent
De redevances

Elles déambulent au parlement
Pressée par le temps
Les brodequins endimanchés
Des ministres courroucées
Qui bien qu’élus par le peuple
Servent avec gratitude
Les multinationales qui nous écrasent

Elles défilent dans les dîners
Se pavanant pour s’exhiber
Les bottillons bien cirés
De la haute classe de la société
Qui de son bout effilé
Écrase les cafards de la basse classe

Elles se pressent, se grouillent, se hâtent
S’activent pour travailler, récurer, manger
Les bottes de tous ses gens
Qui tentent de vivre en famille
Et de boucler tous les mois
Les comptes qui pleuvent
De toute part
Et le temps les pourchasse
L’anxiété les épuise

Si les semelles de ses bottes
Bottines, bottillons, savates,
Godillots devenaient bouches
Elles demanderaient trêve
Pour enfin parcourir le monde
Fleur a l’œillet
Et dispenser la paix, le calme
Au travers des chemins
Et semer sourire dans ce monde
Qui s’épuise



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