Sonnet de nuit


nuit

Ô croisée ensommeillée,
Dure à mes trente-six morts !
Vitre en diamant, éraillée
Par mes atroces accords !

Herse hérissant rouillée
Tes crocs où je pends et mords !
Oubliette verrouillée
Qui me renferme… dehors !

Pour Toi, Bourreau que j’encense,
L’amour n’est donc que vengeance ?…
Ton balcon : gril à braiser ?…

Ton col : collier de garotte ?…
Eh bien ! ouvre, Iscariote,
Ton judas pour un baiser !

Tristan Corbière, Les Amours jaunes
image:filsantejeunes.com


Donnez votre note:
Veuillez vous connecter pour voter: Connexion Facebook  Connexion Email
Note du public :
4.40 sur 5 vote(s)

Laisser un commentaire

Pour laisser un commentaire vous devez etre connecté: