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J’écoute le soir. Où finit le son ? Où commence le silence ? Y-a-t-il vraiment dans tout ce monde de voix quelque chose qu’on peut appeler « silence » ? Mais je ne sais, moi, comment appeler les clignotements des étoiles au ciel. J’écoute encore. Le tout a une seule voix. J’entends des mânes qui vacillent dans le noir. Le silence est sûrement quelque chose. Le silence est un son transfiguré en une blancheur ambiguë et mêlé aux nues. Le silence est l’écho d’un amour ému soufflé du fond des praires. J’écoute attentivement pour entendre le son de la feuille caressant la rivière ; le clapotis de la pomme choyant, le péché originel de l’automne, sur le sol ocre ; le sifflement du cyclone, le désir brutal de l’ego et son opposé ; les pourparlers des Titans et Poséidon en fuite avec le secret des malédictions. J’écoute attentivement le soir pour entendre la mille unième nuit de conte juste avant la mort tant désirée. J’écoute attentivement le soir pour remplir mes rêveries du noir des sons et des silences.



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