Partagez

Sous le poids de ton cœur quand il bat tendrement,
C’est mon amour qui prend, c’est mon amour qui ploie ;
Je remets Beethoven et son Hymne à la joie :
Auprès de toi, tous les tilleuls sont allemands.

Sous le poids de ton cœur et pour quelque nuitée,
C’est mon amour qui dort en petit musicien,
Je repasse Mozart et sa Flûte enchantée :
Auprès de toi, tous les enfants sont autrichiens.

Sous le poids de ton cœur, quand tu siffles ton chien,
C’est mon amour qui court, c’est mon amour qui vient ;
Je remets Vivaldi et ses quatre saisons :
Auprès de toi toute prison est un violon.

Sous le poids de ton cœur, quand il bat la chamade,
C’est mon amour qui geint comme un enfant malade ;
Je repasse Chopin quand il fait un malaise :
Auprès de toi toutes les croix sont polonaises.

Sous le poids de ton cœur, quand il bat le rappel,
C’est mon amour qui vole au chevet d’une sœur,
Je remets Pachelbel, son canon et ses fleurs :
Auprès de toi, tous les Caïn sont des Abel.

Sous le poids de ton cœur, quand il bat sous le vent,
C’est mon amour volet, c’est mon amour vantail ;
Je remets Stravinski pour sacrer tes printemps :
Auprès de toi, le temps qu’il fait n’est qu’un détail.

Sous le poids de ton cœur, quand il bat en retraite,
C’est mon amour qui fuit et qui prend la tangente ;
Je repasse Rameau et ses Indes galantes :
Au prix de quoi tout saint devient une amulette.

Sous le poids de ton cœur, il faut battre mon fer,
Quand mon amour est chaud, bien plus chaud que l’enfer,
Je remets De Falla pour ta Danse du feu :
Celui qu’un beau matin tu as volé aux dieux.

Sous le poids de ton cœur, quand il bat ma campagne,
C’est mon amour distrait qui détrône Louis XVI ;
Je mets Rouget de Lisle avec sa Marseillaise :
Pour chanter à la fois la femme et la compagne.

Sous le poids de ton cœur, mon chagrin bat de l’aile,
Comme un oiseau blessé, peut-être une hirondelle ;
Je repasse Dvorak, au seuil d’un nouveau monde :
Auprès de toi tous les moments sont des secondes.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5 sur 17 votes