Partagez

Personnage haut en couleurs
Verbe haut, un rien frondeur
Toujours les jambes écartées
Bien posées pour se dresser
Mains sur les hanches, nez au ciel
Casquette, pour fuir le soleil
On l’entendait de très loin
Sa voix portant fort et bien
On s’disait « tiens v’là l’Gilbert » !
Cet homme là, c’était mon père.
Chaque dimanche, jour de tiercé
Jour béni, pronostiquer
La Mamarthe et l’père Farion
De bonne heure, à la maison
Etudier et disséquer
Canassons et leurs jockeys.
Puis, mon père allait chercher
Au bistrot, d’autres tickets
Que les gens avaient laissés
Pour qu’il puisse leur emporter
Et là, juché sur son vélo
Pour l’ PMU, tout de go
Distribuer l’espoir quelques heures
Devenir l’heureux facteur.
Il en a tant fait rêver…
Quelquefois, on a gagné
Modiques sommes en vérité
Mais une fois j’avais noté
Numéros sur le cahier
Que ma mère a voulu jouer
Au cas où, on n’sait jamais
Que la chance vienne à passer…
Ce fut l’cas, reconnaissants
Les cadeaux de mes parents
Je me les rappelle encore
Comme un fabuleux trésor
Un landau, une poupée
Vélo bleu m’ont achetés.
De là, est venue l’idée
Que la chance j’pouvais porter
Et mon avis, écoutaient
J’en avais de la fierté
Quand ces souvenirs me reviennent
Comme des bouffées d’oxygène
L’adrénaline, je ressens
Qui imprégnaient ces moments.
Des gens simples, en vérité
Qui ainsi aimaient rêver
Que leur vie pouvait changer
Que la chance pouvait passer…



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.67 sur 6 votes