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Sous le soleil d’été je reviens dans la classe
Que j’ai abandonné au fil du temps qui passe.
Redoublant d’attention je scrute du regard
Ma table à polisson où dorment en bazar :

Des mots bien trop sensibles,
Des trous gorgés par l’encre.
Des pensées illisibles,
Résurgences d’un cancre.

Ces souvenances closes ont des bruits dans mon cœur,
Des vers ou de la prose y résonnent en chœur,
Sur mon humilité tel un émoi sensible
Criant de vérité sous un masque gracile.

J’aurai voulu garder
Venant de la sous France
Les noms des écoliers
Qui peuplaient mon enfance

Mais je n’ai conservé à part les jeux des cours,
Des chahus du passé qui me suivent toujours,
Que ce Maître au tableau écrivant la morale
Que nous lisions bien haut jusqu’au fond de la salle.

Il est vrai qu’en ce temps
Dans nos blouses trop grises,
On sortait d’un présent
Dont l’horreur fut de mise.

© Gérard SANDIFORT alias Sandipoète



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