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Sur les marches au petit matin
J’écris à la vie sur mon petit bout de papier
Je lui dis pourquoi
Pourquoi t’es là
À me bousculer comme ça,
À me déchirer dans mes rivières,
À frôler mon soleil dans la chair de mes nuits.
Pourquoi t‘es là
À me donner des rendez vous dans la poche des étoiles
Quand je me broie dans la rouille de mes trottoirs.
Pourquoi tu me parles de toi, hein,
Pourquoi tu te colles à moi,
Pourquoi tu me cries
Que je peux encore danser sur ma foutaise de tout
Et me casser dans la gueule dans mes silences de mon rien.
Pourquoi tu me dis
Que les arbres me souriant,
Que les fonds des cœurs s’accrochent à toi
Quand ils n’ont plus le velours qui leur tient leurs ailes au chaud.
Pourquoi tu t’assois près de moi
Quand je m’arrête pour écouter les êtres
Qui ne sont plus là, partis là haut,
Que je les cries dans mes manteaux de larme
Et que je voudrais leur adresse pour aller les retrouver
Et m’éclater avec eux dans leur nouveau ciel.
Pourquoi tu me dis
Que le vent s’offre à sa tempête pour se redonner à son encre Comme un enfant qui n’a jamais su retrouver son grain de terre.
Pourquoi tu me pleures
Quand je ne veux qu’être qu’une écorce sans fard et sans lumière.
Pourquoi tu tiens tant à moi
Quand je ne te cherche plus,
Quand je ne te veux plus,
Que je suis si fatigué de t’entendre,
Que tes pas n’ont plus leur raison dans mes crampes de te vivre.
Oui pourquoi il est si difficile
De te rêver, de t’aimer dans ta chair,
De se couler dans tes veines comme une sève sans sa majuscule
Qu’un point n’arrête dans son décor final.

Et puis finalement, à quoi ça sert de t’écrire
Puisqu’on sera là toutes les deux au festin
Dans notre dernière goutte de nous-mêmes.

Anne.B



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