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Moi qui suis funambule tout au moins dans l’esprit
Voici qu’en jeu de cirque, mon corps prend le relais
Car c’est de mon trapèze dont ici il s’agit
Celui qui se contracte dans mes épaules blessées

C’est en grande souffrance que je m’suis réveillée
L’impression que mon corps se démantibulait
Et quand j’ai découvert, dans le miroir inquiet
Mon épaule, incrédule, qui semblait s’échapper

J’ai poussé haut et fort des jurons de charretier
Et qui n’ont pas daigné tout le jour me quitter
Et pour fuir la douleur, voilà que je me mets
A souffler doucement comme une jeune accouchée

Si je n’avais si mal, me moquerais de moi
Car jurer, haleter, ne sert à rien, ma foi
Mais quand on souffre autant, la raison nous déserte
Peu importe après tout, au diable tout le reste

L’ostéo en urgence, me masse pour me détendre
M’apprend que c’est de bois que mon corps dur est fait
Ne donne pas de conseils, se contente de tendre
La facture, salée, dont il faut m’acquitter

Puis je vois mon médecin, bien charmant, celui ci
Qui m’arrête une semaine pour reposer mon dos
Et c’est pourquoi depuis, tant de textes, j’écris
Je suis à la maison, prend le temps du repos

Pour le corps, c’est une chose, mais l’esprit en cavale
M’impose un autre rythme plein de siestes bancales
Car souvent, la nuit, l’écriture à moi, s’impose
Les rimes qui dérivent, privilégiant la prose

Sujets variés, changeants viennent à me chatouiller
Et je me laisse aller à cette liberté
En espérant vraiment vous divertir, ma foi
Par ces alexandrins qui naissent sous mes doigts…



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