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Elle est trop triste et bien vieille, 

Les jours deviennent tous pareils.

Celui-ci, demain ou  la veille,

Elle ne voit plus  guère  le soleil.


L’époux l’a hélas quitté, 

Le Dieu, à lui, l’a rappelé,                            

Lui laissant enfants et foyer,

Pauvre, à ses cinquante ans sonnés.


Préoccupée par les enfants,

Qui lui ont pris, tout son temps ;

Leur a consacré son argent,

Son amour et sa protection.


Depuis, les petits ont grandi,

Mariés tous mais, hélas partis,

Sa ressource bien rétrécie, 

Les visites  se raréfient.


Son silence se fait bavard,

Son horizon, un rideau noir.

Solitaire comme un phare,

Tous lui découvrent des tares.


La maladie, la misère,

Ne la quittèrent plus guère,

Ses ingrats d’enfants, prospères,

Ont bien oublié leur mère.


Ce qui lui fait le plus grand mal,

Plus que  sa douleur dorsale

Ou sa solitude hivernale,

L’oubli, le dédain intégral.


Existe-t-il pire injustice,

Que le fardeau de ce supplice,

La solitude, ou l’hospice,

Après tant de  grands sacrifices ? 


Elle pleure, en silence, la nuit,

Sa progéniture chérie,

Qui l’a rejeté, plus, trahie.

Elle partira, sans plus de bruit.


Ab.SALEMI. Le 06 Janvier 2018.

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