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Depuis que je te connais,

Depuis que je t’ai découverte,

Que tu es venue vers moi,

t’es offerte à moi, tu occupes toutes mes pensées.

Jour et nuit, ton image apparaît,

s’imprime dans mon esprit,

hante ma raison,

me perturbe dans mes activités.

Tu occupes toutes mes pensées,

ton absence attise mon manque,

je me sens comme un galet,

que l’eau érode et use.

Toi, je le sens bien !,

Tu es comme l’eau courante,

d’un fleuve qui ne fait que passer,

Et tu en as rencontré bien des galets.

Pourtant, en sachant ça,

je ne peux me sortir de cet état,

me suis tapi contre un talus,

pour essayer de te faire stagner un peu.

Je sais bien qu’un jour, 

une fois que le galet sera bien poli et lustré,

attaché à ton onde comme ton ombre,

tu reprendras ton cours sans te retourner.

Tu occupes toutes mes pensées !

Parfois, je voudrais me détacher de ce corps,

qui m‘emprisonne, me fait ressentir,

des désirs inassouvis.

Mais je suis fait de chair et de sang,

mon esprit en dépend,

Tu m’as marqué en t’offrant un jour à moi,

en me prodiguant caresses et douceur.

Amour lointain, amour impossible.

On ne peut aliéner l’eau d’un fleuve,

qui ne fait que passer, 

et érode les galets.

Pourtant, sachant cela,

moi qui suis sur place et ne peut bouger,

je ne peux m’empêcher de faire en sorte,

que tu n’occupes plus mes pensées.

On dit souvent que le temps efface tout,

qu’il peut même tuer les souvenirs,

C’est vrai que, pour qui n’aime pas vraiment,

et fait de l’amour seulement jeu de séduction.

Mais pour qui aime vraiment,

le temps fait l’effet contraire.

L’oubli de l’un marque au fer rouge l’autre;

quand l’amour n’est que feinte et n’est pas partagé.

Tu occupes toutes mes pensées,

Je n’y peux rien, sais que cet état peut abîmer,

d’autres êtres et souvent, le remords me ronge,

De voir qu’un galet s’est épris d’une eau courante.

Titre et illustration : Nathalie La Muse
texte : Eric de la Brume
Le 2 septembre 2017