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Un aller sans retour,

Posé contre deux verres blancs, j’ai laissé s’endormir le tricot commencé
Désormais il n’est plus qu’un lointain souvenir qu’il me faut oublier.
Pourtant …

Si tu savais à quoi je pense en y déposant mon regard
A ces instants, à ton absence, à ton départ dans cette gare
A nos yeux embués de larmes et à ces baisers langoureux
Derniers mots doux, deux cœurs en flamme, et la tristesse dans nos yeux.

J’entends ta voix qui tambourine, sans cesse au fond de mes pensées
Je te revois sous la pluie fine, tes mains sur ma taille enlacée
Le bruit des trains qui vont et viennent, le tien qui tarde à arriver
Tant mieux j’aurai assez de peine, à devoir falloir te quitter.

On parle peu on se regarde, tu crains que je ne prenne froid
Si c’est le cas n’y prends pas garde, je frissonne d’amour pour toi.
Je voudrais poser ta valise, et sur un banc l’abandonner
T’emmener très loin à Venise, voir ses gondoles nous bercer.

Voguer sous le pont des amours, aller faire un vœu à Trévi
Se vêtir des plus beaux atours, souviens-toi tu m’avais promis.
Hélàs tout cela s’est enfui, il me faut dire adieu à Rome
Notre histoire d’amour est finie, tels les beaux amants de Vérone.

On ne s’est pas donné la mort, c’est elle l’odieuse traîtresse
Qui est venue voler ton corps, me laissant là dans la détresse
J’ai regardé ton train partir, mais il n’est jamais revenu
La guerre t’a pris mais pas rendu, je ne t’ai plus jamais revu.

J’ai consigné dans un cahier, les plus tendres des souvenirs
Je les relis de temps en temps, pour moi tu as toujours vingt ans
La même voix, les mêmes yeux, aussi ton si joli sourire
Et posé près des verres blancs, comme pour conjurer le temps
Ton tricot est inachevé, ce soir je le laisse dormir…
Danièle Labranche



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