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Quand il a débuté au Pirée, il était déjà le plus endurant à l’exercice. Ses supérieurs le nommaient « le troufion » sans doute par jalousie pour sa force, son audace et son courage. Puis il est devenu « le bidasse » quand il s’est distingué dans la guerre contre les Pélasges, ces vils séducteurs des femmes ioniennes. On croit qu’il est le plus grand des soldats de sa phalange, mais ce n’est que le cimier de son casque qu’on aperçoit très au-dessus des autres : car il est de très loin le plus élevé. On le croit invulnérable puisqu’il est fier de montrer que son torse nu ne porte pas la moindre trace de blessure reçue au combat.
Il s’est illustré dans toutes ses campagnes. Il a participé à la conquête de maint pays de cocagne. Il a fait Marathon, Platées, Tanagra, Délion, Haliarte, Coronée et il s’est couvert de gloire également dans quelques autres batailles moins célèbres. Il n’arrête pas de monter en grade. Finalement il est même devenu le bras droit de Satan, le général en chef de toutes les armées du monde ! Il a été nommé gégène de l’élite des hoplites et il inspire à lui seul la terreur aux Perses et à tous leurs tributaires ! Ses troupes n’ont jamais connu la défaite et ont fait pleuvoir constamment sur l’ennemi la poudre d’escampette ! Mais hélas, l’épée tranchante d’un Maure lui a fait subir bien des affres : en combattant de près, il a reçu une terrible balafre ! Alors il a dû se reposer pendant quelque temps à Cythère dans les bras d’une aimable infirmière !
Il a repris du service au plus mauvais moment, dans une période de paix prolongée ! Alors il a choisi de rejoindre les affreux qui s’enrichissaient à Carthage et il en a pris le commandement ! Malheureusement il a dû ordonner la révolte contre les Puniques après une grande défaite, quand la solde a cessé d’être payée ! Il est rentré chez lui tout penaud à Phalère, sans un sou en poche ! Heureusement pour lui, il s’est ensuite illustré comme conseiller de Philippe II de Macédoine.

Quand -hélas- il devint vétéran,
Sur l’île conquise, il reçut quelques arpents.
Depuis il fait bosser les indigènes :
Car, aux champs, il préfère la pêche aux sirènes !



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