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Le pays de mon rêve est celui qui m’habite :
Dévalant les coteaux, ruisselant dans les prés,
Apportant de la vie aux maquis diaprés,
C’est dans un chuchotis que la source s’agite.

Un troupeau de chèvres pacage dans la plaine,
Un brin d’herbe par-ci, une touffe par-là.
Le chevrier, sans mot dire (quoiqu’il parlât),
Se plait à relire quelques vers de Verlaine.

Un héron esseulé examine la mousse
À la quête de vers ou de petits lézards.
Sur le roc, laine au vent, une bande d’isards
Recherche vainement à brouter la jarousse.

Au loin les cyprès verts, cimes dans les nuages,
Annoncent le chemin qui contourne les champs.
Les premières moissons, qu’escortent cris et chants,
S’effectuent dans la joie et non moins de courage.

Au bout de la piste, là où dort la lumière,
À l’ombre des branches, au bord du boqueteau,
Se cache timide, comme dans un ghetto,
La chapelle pourpre qu’enserre la clairière.

Et là-haut dans le ciel, n’y voyez point mensonges,
Un château de cartes aux nuages adossé,
Me procure asile… J’entends, vous vous gaussez…
Las, je clos le livre des pages de mes songes.

Jacques Dupé – Un jour, j’irai là-bas…
image: mapio.net



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