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Un vieil enfant délaissé, presque un homme déjà,
Un jour mit un pas sur le chemin vers l’enfer.
La capuche sur sa tête baissée, ses yeux bas,
En son cœur lourd s’immisçait un frisson amer.

Autour de lui, des loups, à l’affût d’une proie,
Salivaient à l’idée d’un peu de sang à terre.
Il se cacha dans un petit coin, loin là-bas,
Entre deux grands murs de ce foyer de misères.

La peur est une substance douce et parfumée,
Dont se délectent ses sauvages prédateurs,
Aux rires diaboliques, aux poings forts, bien serrés.
Ils ont flairé ses beaux yeux gorgés de terreur !

Ses lunettes brisées, le visage sali
Par la sueur, les larmes, la salive et le sang,
Créant en ses bourreaux de malsaines envies.
Ses fesses toutes nues sous des ébats trop violents !

Son cœur ne rêvait plus que d’une mort rapide,
Disparaître à jamais, sans traces, sans regrets,
Se perdre au creux des immenses vagues du vide,
Ne plus à subir son malheur gardé secret.

Les mots cousus par une honte profonde,
Vagues incisives se trémoussant dans ses plaies,
L’angoisse se faufilait sur les secondes,
Il pleurait si fort qu’il ne pouvait plus respirer.

Ses yeux ne voyaient plus rien, ses forces s’enfuyaient,
Ses chairs mutilées crissaient sur ce sol si froid,
Tandis qu’ils traînaient, derrière eux, leur nouveau jouet,
En partance forcée vers son ultime effroi.

Maintenu à genoux, la tête en arrière,
Un mot dur déposé par des lèvres perverses
Au creux de son oreille, Ce mot lacère
Tout l’être. « Crève !» « Crève ! »Un mot qui renverse !

Une pression puissante, vive et soudaine,
Fit basculer son visage taché de douleurs
Dans l’urine croupie, pimentée de haine.
Il suffoquait dans un profond dégoût plein d’horreurs.

Rempli de désespoir, baignant dans la cruauté,
Les poumons encombrés, il se laissait partir.
Toute son énergie volée, son esprit s’envolait.
Un seul désir brûlait au fond de lui, mourir !

Retiré de ces eaux sales, brutalement,
Son corps et son crâne cognant sur le carrelage,
Las de ses cris ils le jetèrent, en riant,
Puis l’abandonnèrent au milieu de ces ravages.

La menace enfouissait ses souffrances intenses
Dans les affreux silences de son âme en lambeaux.
Sa vie, son immonde existence,
Son sac de briques, son plus terrible fardeau !

Une corde, une foret, un arbre, une branche,
Une suffocation nouvelle mais dernière,
Un saut, une angoisse, le vide se penche.
Son regard se meurt, les yeux ouverts !



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