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Baume médecin, de nos érythèmes du matin, la fraîcheur du crépuscule souffle léger sur notre peau burinée, en cette journée de canicule. L’horizon lointain combat encore l’astre solaire, qui de ses rayons orangés, flamboie encore dans le firmament étincelant de cette soirée d’été.

Dans un dernier assaut, les rais de lumière lèchent les prés, jaune-paille mortifiés. L’herbe flétrie crisse sous nos sandales et rythme nos pas d’une langueur savoureuse. La sueur généreuse sur nos fronts cesse enfin son secours opportun. Les cheveux encore mouillés sèchent au zéphyr coquin, ce vent messager, porteur de douceur angevine.

Dans le ciel flamboyant, une féérie de couleurs danse au-dessus de nos têtes. Les lueurs rosées colorent nos visages bronzés. L’horizon gagne enfin le dernier quart du soleil qui, de guerre lasse, s’en retourne dans son ouest couchant. Dans ses ultimes ébats, il explose de mille éclats comme un hydre dans son ire que l’océan firmament avale sous ses vagues gourmandes.

Bien-être absolu que ce moment tranquille, le calme inonde alentour, la nature qui daigne en ce soir, signer une trêve avec cette fournaise, maîtresse de l’été qui s’achève.  Les fleurs referment leurs corolles tièdes, attendant que la divine rosée d’une nuit câline, en leur faveur, plaide.

Oraison d’un soir d’été, quand la lune, ce miroir nuptial, renvoie amant, la lueur solaire de l’astre caché. Bataille épique du crépuscule aoutien, chacun fourbit ses armes pour peindre ineffable la beauté champêtre d’un tableau pastoral. L’univers conjugue ses talents au génie étincelant de cette nature fiévreuse. Dame Muse vient chatouiller mon esprit volage et berce mon âme d’une caresse estivale, enjôleuse.

Laissons-nous porter, en ces temps chauds, par la fraîcheur salvatrice d’une soirée complice. Après les brûlures du soleil, la beauté du crépuscule vient, onguent, soigner les maux de notre existence sous l’étoile solaire, cette fatalité ardente.

Philippe rotat



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