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Une sirène s’endort seule sur la plage

Ne couvrant ni sa queue d’argent ni ses seins.

Mi femme mi poisson nul ne connaît son âge

Car sa mère est Vénus, Triton est son cousin.

Bien assoupie sur son lit de sable,

Sa main repose sur son beau miroir.

Un lourd sommeil était inévitable.

Son peigne est resté dans ses cheveux noirs.

Elle fut témoin de plus d’un naufrage

Mais n’aima qu’un seul jeune naufragé,

Le portant sur son dos avec courage.

Il mourut dans ses bras sur son rocher.

Le voyant si beau, étendu sans vie,

Elle en conçut un amour sans espoir.

Adorer un mort du bonheur dévie.

Depuis sans cesse elle broie du noir.

Elle rêve à ce fantastique amant

Qui lui fit perdre son goût à la nage.

Elle voudrait voler au firmament.

Elle désire errer sur les nuages.

Elle voudrait qu’il lui pousse des ailes

Comme à ses plus méridionales sœurs…,

Abandonner en plaintive rebelle

Un monde sans poésie et sans cœur !



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