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Il avait l’air perdu
Il errait dans la rue
Les larmes aux paupières
Balbutiant quelque chose
A propos d’une rose
Jetée à la rivière

Il semblait enfantin
Avec son air lointain
Ses cheveux en bataille
Et pourtant son regard
Portait tout le cafard
D’amours en funérailles

J’ai suivi à distance
Cette douleur d’enfance
De peur qu’elle ne l’emporte
Corps et biens dans le froid
Dont on ne revient pas
Avec ses amours mortes

Je ne pouvais grand-chose
Aux épines des roses
Aux rivières qui coulent
Mais j’ai pris le chemin
Que traçait son chagrin
Au milieu de la foule

J’aurais voulu lui dire
Qu’on pouvait réécrire
L’histoire à chaque instant
Et qu’un amour qui meurt
Peut nous ouvrir le cœur
A de nouveaux printemps

Qu’il importe d’aimer
Autant qu’on peut aimer
Même si ça déchire
Une à une les pages
De nos livres d’images
Que l’on peut en sourire

Je l’ai perdu de vue
Au bord d’une avenue
Emporté par la vague
De ceux qui ne voient pas
Au-delà de leurs pas
Les fleurs de terrain vague

J’ai gardé en mémoire
Le cri de ce regard
Et l’ombre d’une rose
Oubliée quelque part
A l’heure des départs
Contre une porte close

Ou jetée dans le lit
D’une rivière qui
Viendra dire l’absence
Avant que d’emporter
La fleur morte et chanter
L’heure des renaissances



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