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Porteur de l’étoile de la servilité,
Comme il est doux enfin de se sentir coupable.
Et moi qui m’en croyais jusqu’ici incapable !
De battre sa coulpe, donc, est habilité :

Je demande pardon pour les fautes commises
Par tous mes ancêtres, d’ici, d’ailleurs venus,
Sans négliger celles du soldat inconnu.
Et bien sûr jusqu’à ce que la liste s’épuise !

Si toutefois il est permis que je procrée,
Je lègue mes remords à tous mes descendants
Qui n’auront belle âme qu’à mon corps défendant.
Pardon pour toutes ces personnes égarées !

Aussi, je souhaite toute votre indulgence :
Pour ma langue que l’on fourre au fond d’un mouroir,
La couleur de ma peau, pour mon coin de terroir,
Et ce drapeau flottant avec tant d’élégance.

Ajoutez à cela, ma morgue légendaire,
Caractère hérité de notre francité,
Faite de peu de foi et de laïcité :
J’implore indulgence, pour nous, gens ordinaires.

(Mais alors, qui suis-je ? Me voilà affligé :
Empêtré que je suis dans toutes ces excuses,
Moi je ne comprends rien de ce que l’on m’accuse,
Car à trop avouer, mon avis est figé.)



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