Partagez

Voyage en Andalousie

Je viendrai par mon Bourak te hisser sur son échine
Je viendrai te saisir par tes hanches à l’enfourcher
Pour faire ensemble ce voyage liminaire, de la chine
Au pays des Mongols et le tropique des évêchés

Où s’ échoie dans la nuit une pluie diluvienne
Le pays du Djaïn et des temples du brahmanisme
Où le temps me rassure aux soirées païennes
Aux récitals de cithare au vent qui souffle au prisme

La nuit dans les rues où le tumulte m’enchante aux anges
Dans les mélodies Ghazal, d’Anup Jalotta et Ali Gholam
Où s’ échoie ma fatigue dans la paix où rien ne me dérange
Seul, dans le calme d’une nuit diluvienne, tel qu’Adam

Je voulus t’écrire ces Rubaïates de mon Cham
Écrire à ma dulcinée qui me sème la tempête
Car je ne suis plus des temps d’Omar Khayyâm
Dégrisé de l’amour, de l’aimée qui fut toute prête

Un vent qui souffle sur ma bougie et qui s’est établi
Dans le frimas dévolu qui s’est échu à mon jardin
À l’heure où j’examine ce décor qui m’ennoblit
Où, se refuge mes mémoires à mon chai quotidien

Il m’envoûte ce vent épars qui souffle au prisme
À l’enclos de mon jardin abandonné de tous génies
De tous esprits malsains et de tous manichéismes
Je serai seul à profiter de cette ionosphère infinie

Qui me frémira le corps à gérer mes adversaires
Qui désirent t’emporter, t’éloigner loin de moi
Je serai alors de raison et le chevalier téméraire.
De te mener en Andalousie ce pays qui me donne l’émoi.

D’être le plus grand passionné calme à mon lit
Je t’aime toi qui viens des Celtes par-delà les Pyrénées
Viens ô ma ruineuse ma sensation s’est avili
L’âme et mon cœur qui bat par un feu des plus ignés

Ô toi qui éveilles le sentiment qui rajeunit mon âge
Viens que je puisse voir de mes yeux pleins de larmes
Viens que je t’arrose et te faire saisir mon apanage
Le lot qui me comble cette nuit à déposer les armes

Rien que pour t’aimer sans avoir touché ton plumage
Je t’aime toi qui représentes ce printemps qui me rajeunit
Viens ! Que je sache t’exciter et te rendre hommage
Par ma légende, viens priser le cépage de mon ennui.

La vie que tu défends et dont tu me fais l’allusion
N’est autre que celle qui est apprêté pour nos âmes
Qui nous ménage, le cœur et l’esprit, à profusion
Celle qui nous libère de notre passé qu’on blâme

De quel embarcadère se situe mon horizon
Que tu veuilles représenter dans mes décors
De quel sentiment est innée ton oraison
Quand l’animosité des Incultes nous dévore

Ne crois pas que tous ces gens froids sont attentifs,
À tel point sincère envers nous, jusqu’à se confier
Ne crois pas qu’ils saisissent nos échos plaintifs
Ils sont là à tuer le temps c’est leur rôle de supplétif.

Dans ce tropique où sa turbulence nous calme
Aux anges des soirées païennes
Dans les airs de poésies Ghazal d’Ali Gholam
Où s’échoie dans la nuit une pluie diluvienne,

Et depuis là, on ira visiter des paysages idylliques
Les jardins de l’Andalousie qui nous sont chers,
Sans oublier l’Iran, le cham, et le nord de l’Afrique
De Tanger à Gibraltar nous touchons terre.

Nous allons voir les dédales des médinas et les rues pentues
Les vitraux que tu aimes à foison et les sommets enneigés
Nous vivrons ce temps d’une culture et d’une science pointue
Hélas ! Les Nasrides me déçoivent, leur conduite m’a affligé

Grenada m’épate, par ses gîtes lavées à l’eau de chaux
Grenade reste l’une de mes merveilles que je préfère
C’est là-bas, que je ferai élever notre cottage très haut
Et leur dire que nous sommes les Maures et les Ibères

Empreint d’une civilisation éternelle, longtemps affligée
L’Andalousie omise ce sont les Goths qui l’ont agressé
Mise à l’écart, par l’Europe dans le passé l’ont outragé
Mais elle reste fidèle, et puise à la source arabe du passé

Criantes médinas, Séville, Cordoue, Oubeïda, jusqu’à Tanger
Nous franchirons des voies égarés, bornés de papavéracées
Nous serons loin de tous cancans pour un temps à partager
Nous serons loin à celer notre amour qui peut être menacé

Alger le 18 mars 2011



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.83 sur 6 votes