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Partis d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie,
D’Afrique ou du Maghreb, hommes désarçonnés,
Contraints, ils ont laissé leur maison, leur patrie
Et se sont embarqués sur des radeaux damnés…

Certains ont pris la mer poussés par la misère.
Exténués par la faim et la précarité,
Ils cherchent dans l’ailleurs une terre étrangère
Où tous seraient admis avec humanité.

Même si ils sont partis simplement pour survivre,
Comment peut-on laisser tous ces déshérités
Périr sur nos trottoirs et refermer le livre
Sans avoir le remords de nos indignités ?…

D’autres fuient la terreur, la guerre, la torture…
Peuples désespérés, comme des portefaix,
De frontière en frontière, ils tentent l’aventure
Et quêtent dans l’exil le droit de vivre en paix…

De la folie humaine, ils ne sont pas coupables
Pourtant, nous les jetons comme des chiens lépreux ;
Nous ne valons pas mieux que tous ces misérables
Tyrans quand nous fermons nos cœurs, aux malheureux…

Nous n’avons rien appris des leçons de l’histoire
Toujours les mêmes peurs, voyons la vérité :
Nous avons l’âme sèche et l’esprit sans mémoire,
Eux, ne rêvent, pourtant, que de fraternité !…

Emportés les flots des grandes transhumances,
Sur les rives du fleuve, hommes déracinés,
Simples rondeaux de bois pétri de souvenances,
Ils portent dans leurs cœurs la terre où ils sont nés…



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